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Novembre 2025 marque un tournant dans le paysage migratoire québécois. Avec des changements majeurs, notamment de nouvelles cibles en matière de résidence permanente et la fin officielle du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), les étudiants internationaux et les travailleurs étrangers font face à un système en pleine transformation. Ces réformes redéfiniront les modalités d’établissement et d’intégration des nouveaux arrivants dans la province.

Nouvelles cibles d’immigration permanente

Le Québec a annoncé sa cible annuelle d’immigration permanente : 45 000 résidents permanents par année entre 2026 et 2029.

Cela représente une baisse par rapport aux niveaux d’accueil actuels : en 2025, le Québec devrait accueillir entre 57 210 et 61 220 résidents permanents. Cette réduction témoigne d’une approche plus sélective en matière d’immigration économique.

Fin du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) : une voie accélérée qui disparaît

Dans un changement de politique majeur, le gouvernement du Québec a confirmé, le 6 novembre 2025, l’abolition complète du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), un parcours qui permettait aux étudiants internationaux et aux travailleurs étrangers temporaires d’obtenir rapidement la résidence permanente.

Le PEQ était suspendu depuis octobre 2024. Toutes les demandes en traitement seront examinées jusqu’au 19 novembre 2025, après quoi aucune nouvelle demande ne sera acceptée.

De plus, trois programmes pilotes d’immigration permanente — visant les travailleurs de la transformation alimentaire, les préposés aux bénéficiaires et les travailleurs des secteurs de l’IA, des TI et des effets visuels — seront abolis le 1er janvier 2026, réduisant davantage les options d’immigration.

Incidences :

  • Les étudiants internationaux et travailleurs temporaires perdent leur principale voie accélérée vers la résidence permanente.

  • Les demandeurs seront confrontés à des délais plus longs et à une concurrence accrue.

Le PSTQ : la nouvelle voie pour les travailleurs qualifiés

Le Programme des travailleurs qualifiés du Québec (PSTQ) est désormais l’unique parcours d’immigration économique, remplaçant les volets Diplômés du Québec et Travailleurs étrangers temporaires du PEQ, ainsi que le Programme régulier des travailleurs qualifiés (PRTQ). Les autres catégories, asile, humanitaire, regroupement familial, demeurent distinctes.

Caractéristiques principales :

  • Système de points : évaluation basée sur la scolarité, l’expérience professionnelle, la maîtrise du français, l’âge et la région de résidence.

  • Seuls les candidats les mieux classés (700+ points) ont été invités jusqu’à présent.

  • Invitations très sélectives : sur 68 603 demandeurs économiques depuis le 12 septembre 2025, seulement 1 038 (environ 1,5 %) ont reçu une invitation.

  • Éligibilité : le programme cible principalement les travailleurs déjà établis au Québec ayant une forte maîtrise du français.

    • Le Québec renforce la connaissance du français comme critère central : d’ici 2029, près de 80 % des nouveaux résidents permanents devront avoir au moins un français intermédiaire (comparativement à environ 50 % en 2019).

Conséquences :

  • La majorité des étudiants internationaux et travailleurs étrangers devront composer avec des délais incertains et prolongés.

  • L’immigration économique québécoise devient hautement sélective : une planification stratégique précoce est désormais essentielle.

Résidence permanente, regroupement familial et enjeux en matière de droits fondamentaux

Me Laurence Trempe, associée chez Exeo et coprésidente de l’Association québécoise des avocats et avocates en droit de l’immigration (AQAADI), a comparu devant l’Assemblée nationale aux côtés de l’exécutif de l’AQAADI pour soulever d’importantes préoccupations juridiques et systémiques concernant la fermeture des programmes d’immigration et les délais majeurs qui affectent les demandes de résidence permanente au Québec.

Au nom de la direction de l’association, Me Trempe a souligné que le regroupement familial n’est pas une simple catégorie administrative, mais un droit humain protégé en droit. Imposer des quotas stricts en matière de parrainage entraîne des retards déraisonnables et systémiques qui compromettent ce droit. Elle a rappelé qu’aucun gouvernement ne peut prédéterminer combien de résidents québécois formeront une union, se marieront ou chercheront à réunir leur famille — et que plafonner les demandes revient à empêcher les familles de vivre ensemble.

Au 1er septembre 2025, on comptait 145 500 personnes en attente de résidence permanente au Québec, dont 42 200 uniquement dans la catégorie du parrainage familial. Ces chiffres démontrent que les politiques actuelles génèrent un arriéré incompatible avec les principes d’équité, de proportionnalité et de respect des droits fondamentaux qui devraient guider le cadre québécois de l’immigration.

Ce qu’il faut retenir

Pour les futurs demandeurs de résidence permanente, ces changements impliquent :

  • Disparition des voies accélérées : le PEQ n’existe plus ; le PSTQ devient la voie principale.

  • Concurrence accrue : avec moins de places en résidence permanente et une réduction de l’immigration temporaire, les critères de sélection seront plus stricts.

  • Importance du français : la réussite repose plus que jamais sur une forte maîtrise du français.

  • Conséquences pour les employeurs : les travailleurs temporaires et leurs employeurs doivent composer avec des exigences linguistiques et l’abolition du PEQ et des programmes pilotes.

En résumé, le plan d’immigration du Québec 2026–2029 révèle une stratégie plus sélective et axée sur les besoins régionaux.
Avec moins d’options accélérées et une compétitivité accrue, la planification stratégique est plus essentielle que jamais pour ceux qui souhaitent obtenir la résidence permanente au Québec.

Prenez rendez-vous avec notre équipe d’experts dès aujourd’hui pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.

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