Après cinq tentatives infructueuses, le dernier projet de loi sur les snowbirds de la représentante Stefanik fait face à de faibles chances de succès et manque de substance.
Les snowbirds canadiens affluent depuis des années vers les États-Unis pour échapper aux hivers rigoureux du pays. Mais une nouvelle proposition législative introduite au Congrès américain vise à leur accorder encore plus de temps pour profiter des plages ensoleillées de la Floride, de l’Arizona et d’autres destinations prisées. Le 29 avril 2025, la représentante du Congrès Elise Stefanik (R-NY) a présenté le Canadian Snowbird Act, qui cherche à prolonger la durée du séjour sans visa des citoyens canadiens âgés de 50 ans et plus aux États-Unis, passant de 182 jours par entrée à 240 jours par période de 365 jours.
À première vue, la proposition pourrait sembler une aubaine pour les snowbirds canadiens, qui représentent déjà une part importante du marché immobilier et touristique dans les États du sud. Mais un examen plus attentif révèle que ce projet de loi n’est pas nouveau. En effet, c’est la sixième tentative de la représentante Stefanik pour faire adopter une législation similaire au Congrès. Les versions précédentes, présentées en 2016, 2017, 2019, 2021 et 2023, n’ont jamais été soumises au vote. Le site indépendant GovTrack.us attribue désormais à cette nouvelle tentative une probabilité de seulement 2 % d’être adoptée.
Est-ce une mauvaise nouvelle ? Pas nécessairement. En partie parce que le projet de loi n’apporte pas de réels avantages aux Canadiens, qui peuvent déjà rester aux États-Unis jusqu’à 182 jours par entrée sans visa. Étendre ce séjour à 240 jours sur une période de 365 jours leur permettrait de rester huit mois par an aux États-Unis, mais cela pourrait entraîner des conséquences imprévues.
En vertu des lois fiscales américaines, rester au-delà d’un certain seuil pourrait involontairement faire d’un visiteur canadien un résident fiscal américain, le soumettant ainsi aux obligations de déclaration auprès de l’IRS et aux responsabilités fiscales américaines. En outre, des séjours prolongés aux États-Unis pourraient compromettre l’admissibilité d’un Canadien à certains avantages sociaux au Canada et affecter son statut dans le cadre des programmes de santé provinciaux.
De plus, de nouvelles réglementations américaines imposent aux étrangers séjournant plus de 30 jours de s’enregistrer et de porter à tout moment une preuve de cet enregistrement. Les Canadiens espérant profiter de ce séjour prolongé devraient encore se conformer à ces nouvelles exigences, non abordées dans le projet de loi.
En résumé, bien que le Canadian Snowbird Act puisse sembler être un cadeau aux retraités canadiens cherchant à passer plus de temps au sud de la frontière, la réalité est plus complexe. La campagne médiatique autour du projet semble davantage destinée à améliorer les relations canado-américaines en période de tensions croissantes entre les deux pays qu’à offrir une réelle opportunité aux Canadiens. Avec un historique peu reluisant au Congrès, des perspectives limitées de succès et des risques fiscaux et de résidence pour ceux qui tenteraient de prolonger leur séjour, les Canadiens feraient bien de réfléchir à deux fois avant de faire des projets de voyage à long terme basés sur ce projet de loi.






